Etre ce que nous sommes : tout un programme, un sacerdoce...

 

Monument pour la langue occitane a Vielha (Val d'Aran)

 

   "C'est nous, on est le peuple"... formule lapidaire un peu maladroite... Je l'ai entendu dire, il y a quelques jours pendant la campagne électorale des candidats à l'élection présidentielle, par un noir américain à la télévision.

    Puis il a ajouté, les larmes aux yeux : "Et c'est nous le peuple, on va gagner. On a gagné".

    Le peuple uni, jamais n'est vaincu. Il avait compris, comme la plupart d'entre eux, que la victoire était assurée.


    Un jour, un gascon a écrit : « Ce serait mentir que de dire que je ne pense pas être génial. Tout du moins, dans la médiocrité régionaliste, je suis un phare d'espoir. »
    Eblouissante démonstration de modestie de la part de ce gascon. Et, je comprends son ire. Il en avait gros sur la patate... Mais, si je puis me permettre, ce n'est pas de phare, ni encore moins de génie, dont l’Occitanie a besoin, mais simplement de voir se lever le jour sur des espaces de liberté. Pour cela nous n'y parviendrons qu'en restant unis sur les fondamentaux, comme ont su le faire toutes les minorités aux Etats-Unis avec la victoire de Barack Obama...
   Notamment, ceux de la culture du Béarn, des particularismes des pays d'Auvergne, du Languedoc, de Provence, de Nice la belle, de Monte Carlo, de toutes les vallées d'Oc, d'est en ouest, etc. et, sur les observations, des leçons de l'histoire inscrites sur les cartes jaunies, et dans les actes officiels de la vie publique et privée au jour le jour.

 

 

   Car, c'est un futur proche, qu'il nous reste à réinventer pour la jeunesse, hors de tout ce futur antérieur dont nous avons été  abreuvés, hors de tout ce passé qui n'est pas si simple que ça, et qui n'en finit pas de trépasser.

 

   L'Occitanie ne nous appartient plus, le colonialisme l'a emprunté à nos enfants et à nos arrières petits enfants. Ce pays est à eux, il leur appartient... Car, il faudra bien, un jour, en finir avec cette Occitanie gémissante pieds et poings liée à la remorque du pouvoir centraliste, rétrograde et jacobin de l'état français. L'Occitanie n'est pas le patrimoine exclusif, de l'état Français, se serait plutôt l'inverse.

   L'Occitanie n'est pas un musée, et elle n'est pas à marier non plus, pour une poignée de cacahuètes qu'on jetterait à des singes affamés.

   Pas à marier, ni avec la France, ni avec l'Italie ou l'Espagne. Elle est, et reste, belle est sauvage, dans le berceau d'une Europe qui se cherche, et où elle pèsera de tout son poids avec Euskadi, Catalunya et la région Piémont. Nous avons à des degrés divers la même communauté de destin avec les basques et les catalans. Notamment lorsqu’il s'est agit de combattre contre le fascisme, d'où qu'il vienne, d'Italie de Prusse ou d'Espagne. Unis nous sommes plus forts.

 

Pour ne plus être ce que nous fûmes, c'est-à-dire, colonisés et asservis.

Pour ne plus jamais être ce que nous avons été, c’est-à-dire, soumis et résignés.

Pour ne plus jamais être ce que nous avons failli devenir, c’est-à-dire, honteux et serviles.

 

   Soyons ce que nous n'aurions jamais dû cesser d'être. Ayons enfin l'audace d'être ce que nous avons toujours été, au plus profond de notre être le plus intime, au cœur le plus secret des Atlantides et des cathédrales englouties de notre imaginaire collectif. Soyons ce que nous sommes vraiment...


  Parce qu'un jour, après une longue nuit d'obscurantisme, le jour finira bien par se lever. Parce que nos nuits ont forgées autant de soleils pendant plus de sept siècles pour avancer sur le bon chemin... Notre culture, est comme une voile où souffle le vent de l'histoire. Elle nous propulse de l'avant, elle nous glorifie. Comme la rosée exponentielle de l'aube sur la haute futaie des yeuses.

 

    Ce jour de gardabèlas et de rosèlas, ce jour arrivera. Ce jour, comme une escadrille de colombes vers l'étoile à sept branches. Un jour, rouge et or, riche avec du ciel bleu plein les poches, où nous pourrons enfin être ce que nous sommes.


    C'est-à-dire un peuple libre et fier de l'être. Viva Occitània !!!

 

Miquel Aguilera

Nimes, lo 7 de novembre de 2008